Crônica de l'écrivain Anaximandro Amorim

Anaximandro AMORIM  Vitoria 23/01/2013

ALLONS TOUS VIVRE EN RUSSIE

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Gérard Depardieu est désormais russe! Je vous avoue que la nouvelle m'a bouleversé! Passionné de cinéma français depuis l'adolescence, il était, pour moi, le plus grand des acteurs... français. Ô Gérard... pourquoi avez-vous fait ça? Pour vous échapper de la charge fiscale de la France? Pour protester contre la hausse des impôts dans l'Hexagone? Où serait-ce ces deux motifs évoqués?

Certes, on n'aime pas payer des impôts, vous qui me lisez maintenant - Mais qui aime le faire ? Soyez sûr que votre cas n'est pas juridique mais plutôt clinique! Théoriquement, payer des impôts est un mal nécessaire. Ils existent pour soutenir l’économie de l'État qui, en théorie, doit utiliser cet argent comme une contrepartie, en faisant des écoles, en améliorant la sécurité, la santé, les routes... pourtant, le problème qui apparait dans la pratique, démontre que les choses ne marchent pas comme ça d'où la perception tout à fait légitime d’une rage généralisée pour la plupart des gens à propos de ce sujet qui hérisse le sens du poil.

Payer des impôts fait partie de l'Histoire de l'Humanité. Le premier fiscaliste fut Jésus Christ qui a appris en son temps "Donnez à César ce qui est à César" et pas un centime de plus. Étonné par la taxe sur les bains publics de Rome, Titus s’en fut réclamer auprès de son père, l'Empereur Vespasien, celui-ci, une pièce à la main répondit a son fils: "pecunia non olet" (l'argent n'a pas d'odeur).

Chez moi, au Brésil, on a cinq types différents d’imposition: les impôts sur le revenu, les taxes, les contributions d'amélioration, les contributions spéciales et les emprunts compulsoires, chacun dans son domaine. Il arrive tout de même, que certains mélangent les cinq, ce qui rend confus le citoyen parmi ces vagues déferlantes d'impôts dans notre pays.

Ainsi, pour rendre compte de tout cela, on a invinté le Droit Fiscal, branche de la Science juridique ayant pour but entre « guillemet »  de régler la relation entre, d'un côté, le Fisc, une entité implacable et toute-puissante et, de l'autre, le contribuable, qui est de toute évidence le plus faible. Et quelle faiblesse! Une fois, j'ai essayé d'imaginer comment ne jamais payer d’impôts. Impossible! Pour cela, il va falloir ne jamais être né. Trop tard. En fait, cela est une des trois certitudes de la vie: 1) que vous allez mourrir; 2) que rien n'est gratuit, c'est-à-dire, si vous avez gagné quelque chose, c'est parce qu’on déjà payé pour vous et 3) que vous allez un jour payer des impôts, bien sûr! C’est une évidence.

Pour se libérer de son propre mal, l'Homme a inventé le planning fiscal, une série de mesures ayant pour but de diminuer le payement des impôts, c’est juste un fractionnement accordé par la loi. En fait, il y a pas mal d’impositions hors de la réalité,  voir même de vraies confiscations. Au Brésil, on impose 38% des revenus. Si vous lisez ça, sachez que c'est trop pour notre réalité. J'ai entendu parler qu'en France c'est 55% et au Danemark, 65%! - Au fait, il y a des pays qui imposent les grandes fortunes. Dans la Constitution brésilienne il y a une prévision pour cet impôt qui n'a pas encore été légiférée à ce jour, rien ne presse me direz-vous... pour les biens de nos milionnaires!

Je voudrais connaître le consultant de Depardieu. Mais... quel planning fiscal radical! En tout cas, on m'a dit qu'on n'impose que 16% des revenus en Russie. Gérard Depardieu a donc fait une bonne affaire, si vous pensez aux chiffres. On m'a aussi appris qu'il a gagné une Dacha au milieu d’une forêt. Il se peut que j'aille vivre là-bas moi aussi. Alors, allons tous vivre en Russie! Ou peut-être pas. Écrire en russe c'est très compliqué, il me faudrait apprendre un nouvel alphabet Cyrillique. Non, merci. Je préfère continuer à écrire en portugais et en français en tout cas. 

Anaximandro AMORIM  pour le journal francophone www.brasil-infos.com 

 
 

UNE FIN D’ANNÉE FÉCONDE POUR LA LITTÉRATURE DE L’ESPÍRITO SANTO

 

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Ecrit par Anaximandro Amorim - le 24/12/2012.

Le mois de Décembre 2012 a été très fécond pour la Littérature produite sur le sol capixaba. Cinq publications d’importance sont lancées simultanément dont quatre distribuées par la mairie de Vitória. C’est la diffusion gratuite non seulement du livre mais de l’identité capixaba à la portée de tous.

            A la Fafi (École de Danse, Musique et Théâtre située au centre-ville de Vitória), a eu lieu le 20 décembre, le lancement de quatre ouvrages. Le premier est le numéro 28 de la collection « Escritos de Vitória » (« Les Écrits de Vitória », en traduction libre). Paru originellement dans le début des années 1990, ce livre est une vraie anthologie thématique, dont le sujet de cette édition retrace les 461 ans de la capitale de l’Espírito Santo. 33 auteurs parmi des poètes, chroniqueurs et essayistes parlent de leur amour de l’île, avec des histoires pour le moins pittoresques, voire passionnées de Vitória.

            Le livre « Maravilhas da Penha » (« Les Merveilles de la Penha », en traduction libre), fut relancé à cette la même occasion. Écrit originellement en 1888 par Joaquim José Gomes Neto, l’ouvrage est considéré comme l’un des plus importants dans le cadre de l’histoire du Couvent de la Penha, temple réligieux le plus traditionnel de l’Espírito Santo, gardant l’image de Notre Dame de la Penha, dont le nom est emprunté du mot « penhasco » (ou coline, en portugais). Le livre a été aussi responsable de la dénomination « littérature du Couvent de la Penha » en ce qui concernait la littérature capixaba, motif du mépris de ce surnom parmi les écrivains capixabas actuels.

            Deux livres de la collection Roberto Almada ont vu la lumière dans la même soirée. Le premier est « Método Confuso. Mendes Fradique : vida e obra » (« La Méthode Confuse. Mendes Fradique : vie et oeuvre), de Francisco Aurélio Ribeiro. Ribeiro lequel est non seulement professeur mais aussi docteur en Littérature, l’une des autorités dans ce domaine. Mendes Fradique, alias de Graciano das Neves a été l’un des grands noms de la littérature capixaba voire même brésilienne, puisqu’il a publié ses écrits dans l’ancienne capitale du pays, à Rio. La « méthode confuse » est en fait une satyre de la société de l’époque, dans lequel das Neves abusait sans ménagement d’humour et d’ironie dans ses écrits.

            « Lírico e Humanista. Alvino Gatti : vida e obra » (« Lyrique et Humaniste. Alvino Gatti: vie et oeuvre ») raconte l’histoire d’un grand chroniqueur capixaba. Écrit par sa fille, Puppa Gatti, le livre est un ensemble de textes inédits, lettres et autres écrits qui contribuent notamment vers un retour littéraire en force de cet auteur, surtout chez les plus jeunes lecteurs d’aujourd’hui.

            Hors du circuit de la mairie de Vitória, a eu lieu dans les locaux de l’Alliance Française de Vitória, le 18 du même mois, le lancement du livre « La Fleur de l’Avocat », de Marina Barata. Édition bilingue portugais-français, dont la version française a été écrite par Anaximandro Amorim, le livre est une biographie de Mme. Barata écrite par l’acteur et écrivain Paulo de Paula et révisée par José Augusto de Carvalho. Marina a été l’une des co-fondatrices de l’Alliance Française de la capitale de l’Espírito Santo parmi d’autres institutions culturelles. Veuve de Denis Ropa, un diplomate français étant attaché culturel dans beaucoup de postes au Brésil et à l’étranger, elle pense aussi lancer son livre en France, parmi ses amis français, pour fêter ses 84 ans de vie.

            Comme l’on peut voir, c’était une fin d’année féconde pour la littérature brésilienne de l’Espírito Santo. L’année prochaine débutera avec une nouvelle édition du « Café com Letras » (« Café avec des Lettres ») au Shopping Norte Sul, à Jardim Camburi, initiative qui a obtenu un grand succès dans le deuxième semestre de cette année. Esperons qu’avec cette nouvelle opportunité, nous aurons plus de nouveautés sur l’ensemble des écrivains de cet État.

Anaximandro Amorim pour  www.brasil-infos.com



 

 

MA DERNIÈRE CHRONIQUE

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Ecrit par Anaximandro Amorim 10/12/1012

Alors... le monde va finir ? 

Et il y a même une date: le 21 décembre 2012.Veuillez me pardonner, cher lecteur, d'en parler moi aussi. Je suis sûr qu'on ne supporte plus d’écouter ça mais... le monde va finir quand-même donc ceci est ma dernière chronique. Il n'y aura pas comment réclamer le lendemain.

L'Homme attend le jour du jugement dernier depuis très longtemps. Et il n'y a pas mal de dates! Par exemple, on a dit que, dans l'an 1000, beaucoup d'européens avaient vendu leurs biens à l'attente de la fin du monde! Bien sûr, elle n'a pas eu lieu et tout le monde est resté sans rien... jusqu'à ce que quelqu'un ayant plus  "d'intelligence" a réalisé que, si Jésus était mort à 33 ans, le monde serait fini en 1033. Plus de désespoir et vente de biens. Et le monde... devinez?

Des siècles plus tard, je me rappelle que le monde serait fini en 1999. Ce serait en septembre mais je ne me souviens plus du jour. Pourtant je me rappelle des gens qui en ont profité! Comme le styliste Paco Rabane, qui a dessiné toute une collection inspirée de... l'Apocalypse! Qui la porterait... je ne sais pas! Mais je me rappelle aussi qu'il a fait très beau ce jour là, que je suis même allé faire de la randonnée sur la plage. Et le monde...

Ensuite, trop de gens ont pensé que le monde finirait en 2000. Il y a eu même ceux qui ont stocké des aliments. Maintenant, le dernier jour a une date prévue: 21/12/12. C'est vraiment bizarre comme date. On dit que c'est à cause du Calendrier Maya. Imaginez- vous un instant: Un maya, de l'an 1000 avant JC, qui a commencé d’écrire le calendrier et, quand il arrive en 2012, il  dit à son copin: "Assez. On y va?"

Avec la nouvelle fin du monde, que ferez-vous? Moi, je ne sais pas... j'ai déjà fait plein de choses dans ma vie... mais je regrette de ne pas en avoir fait trois:

1. La première c'est apprendre à faire de la cuisine. Je ne sais même pas cuire un oeuf! Honte à moi mais désormais je m'en vais avec la faim. M'offrirait-on un hamburguer  par hasard?

2. J'aimerais bien jouer d'un instrument. En fait, je joue un peux de la guitare. Mais je voudrais jouer du piano, c'est-à-dire, le plus compliqué. On m'a dit qu'il faut au moins 20 ans pour bien en jouer. Euh, maintenant... 

3. J'avais le rêve de savoir réparer une voiture. C'est frustrant d'ouvrir le capot, voir le moteur et rien comprendre... Je ne sais pas pourquoi j'ai payé pour l'assurance depuis si longtemps. Maintenant je n'ai pas le temps pour récupérer l'argent.

Ce truc de fin du monde me déprime. Je pense que, la veille du 21, je vais beaucoup boire. Mieux: je m'acheterai trois paquets d'un kilo de chocolat et je mangerai tout. Au diable avec le régime! En plus, j'écouterai du hard, comme Iron Maiden ou Metallica. Aucun voisin ne pourra réclamer le lendemain, n'est-ce pas?

Comme tout dans la vie, la fin du monde a un côté positif: vous n'aurez pas besoin de payer la facture de votre carte de crédit. Si vous habitez en location, vous n'aurez pas besoin de payer votre propriétaire aussi et si vous avez reçu votre 13ème mois de salaire, achetez tout ce que vous voulez! Et n'aurez pas peur des dettes car vos créanciers ne frapperont plus à votre porte!

On dit toujours que s'il y avait une hécatombe mondiale, seuls les cafards y resteraient. Je suis sûr que vous ne trouverez plus de femmes sur cette planette! En tout cas, j'espère que les insectes formeront une race bien meilleure que l'humain. L'Homme a toujours apporté avec lui le germe de la destruction, d'où cette envie folle de toujours recommencer. Je ne vois pas alors pourquoi, l'humanité n'a jamais laissé tomber tant de cupidité, de violence et d'intolérence pendant qu'il était le temps. Euh, maintenant... ainsi, il ne me reste qu’à vous souhaiter:

Ayez tous une bonne fin du monde!

Anaximandro Amorim,

Écrivain, membre de l'Academie Espírito-Santense de Lettres.

Pour le journal francophone www.brasil-infos.com