Dan Mitrecey

"Les potes de dédé "

 
Ecrit par Dan Mitrecey 28/12/2012

 

Le Brésil vu de France.
 
Pour le français moyen, toujours prompt à schématiser, le Brésil véhicule quelques icônes fortes, incontournables, et bien souvent un brin erronées. Eliminons tout de suite le côté géographie. A la question : « quelle est la capitale du Brésil ? » peu de français vous répondront Brasilia, dont, ici, tout le monde se fout parce que « c’est pas au bord de la mer »…
Non, les vraies images du Brésil pour le français, les voici : 

Le Brésil, c’est le foot…
J’avais six ans quand j’ai su que le Brésil existait quelque part dans le Monde. On s’était regroupé autour de la seule télé du bled où j’habitais pour regarder la Coupe du Monde de foot en Suède. Une « onzaine » de diables « auriverde » en noir et blanc venait de défoncer nos petits français. Des danseurs, des insaisissables, des magiciens de la balle ronde avec des noms rigolos : Pelé, Didi, Vava… C’est là que j’ai appris ma première expression en version originale brésilienne : « folha seca ». La feuille morte… Une sorte d’arme fatale, inventée par eux pour percer nos filets, qui nous laissait pantois. Emerveillé, j’ai regardé un Atlas pour voir où c’était, le Brésil, le paradis du foot de rêve… Botafogo, Santos, Flamengo, Vasco da Gama, Fluminense, c’est pas des noms de paradis, çà ?...

 
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Le Brésil, c’est les femmes…
Pour le français, l’image du Brésil, c’est une large plage délicatement léchée par des vagues de rêve, avec des culs bien joufflus et bien dorés juste ornés d’une ficelle de couleur vive qui se dandinent malicieusement dans une eau turquoise. Copacabana, Leblon, Bahia… « Tudo bem ». Ça baigne, ça baigne… Normal qu’en présence permanente de postérieurs pareils, on ait souvent besoin d’aller tremper pour se rafraîchir le bonnet. En revanche, côté export, ils ne sont pas terribles, les brésiliens… Au Bois de Boulogne, les spécimens envoyés ne donnent pas trop envie d’aller se baigner… Enfin, pas à moi…

Le Brésil, c’est la musique …
Samba, Samba !... La musique de la joie, des couleurs, du Carnaval. Un rythme effréné, lancinant, exaltant, qui t’amène parfois au delà de la limite de l’extase, proche de la folie. C’est aussi ça, le Brésil pour le français de base un peu éveillé. Et les voix chaudes et suaves… Gilberto Gil, Jorge Ben… Filho Maravilha… Et la Bossa Nova ? Desafinado… Une paillote en bord de mer, la nuit australe torride, un verre ou deux de caïpirinha, le sourire éclatant d’une créature qui ondule au son du sax… Brasil… On est loin de Montreuil, là, hein Dédé ?…

Le Brésil, c’est des noms rigolos…
Au Brésil, les diminutifs et prénoms utilisés comme patronymes font marrer le français toujours prêt à se moquer, comme si Durand, Dupont ou Martin, c’était pas des noms à la con… C’est vrai qu’un président qui s’appelle Lula, ça nous fait bien rigoler. Ou Pelé, même s'il nous a tondu plus d’une fois, sans parler de Kaka… Mais nous, on a Dédé… C’est sûrement prémonitoire, ce nom à la brésilienne… Allez, vas-y, Dédé, emmène-nous au Paradis, on te suivrait en Enfer, alors…
 
Dan Mitrecey
 

Auteur - Compositeur- Chanteur

Pour le journal francophone hebdo www.brasil-infos.com