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Aucunes propositions concrètes du Gouvernement Dilma Rousseff

Article : Irwin Henry, São Paulo.

La présidente Dilma Rousseff a reçu aujourd´hui à Brasília des membres du principal mouvement organisateur des manifestations, le Movimento Passe Livre (MPL); ce qui montre une envie de dialoguer.


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Les membres du mouvement ne sont pas pour autant sortis satisfaits de cette entrevue et l’ont fait savoir.

Ils [gouvernement] n´ont rien montré de concret pour modifier la situation du transport dans le pays, qui est réellement fort précaire, comme nous l´indiquent les mobilisations qui continuent fermes dans ce sens. Rien de concret une fois de plus n´est sorti de cette réunion”, l´étudiant  Marcelo Caio Nussenzweig Hotimsky a-t-il dit, après s´être entretenu avec la présidente.

Hotimsky a affirmé toutefois être content de voir que Dilma considère les transports publics comme un droit et pas seulement comme un service. Elle s´est aussi engagée à travailler pour en contrôler les dépenses. A savoir que le MPL est l’un des groupes organisateurs des manifestations à  São Paulo contre la hausse du prix du transport public.

Les étudiants ont recommencé à défendre leur principale revendication qui est le tarif zéro dans les transports publics. Selon eux, cela doit être une décision prioritaire politique du gouvernement. “Le transport, tout comme la santé, l´éducation, est un droit, donc il devrait être gratuit. Et nous avons dit à la Présidente qu´il existe plusieurs façons de le financer”, a dit  Hotimsky.

L´étudiante Mayara Vivian, une des leaders du  Movimento Passe Livre, a affirmé que la réunion n´a pas apporté de mesures concrètes. “Il y a une invitation pour un prochain dialogue – le mouvement est ouvert, mais la lutte pour le tarif zéro ne s´arrête pas, elle continue et le dialogue n´en annule pas pour autant le processus des manifestations.” Elle considère également que la décision de ce tarif zéro est politique. “Si il y a de l´argent pour construire des stades, si il y a de l´argent pour la Coupe du Monde, il y en a bien sûr pour le tarif zéro. C´est une urgence.”

La Présidente Dilma a reçu les membres du mouvement avant de commencer le cabinet de crise avec les gouverneurs et les maires des capitales des états pour débattre les propositions ayant comme but la résolution des principales revendications qui ont engendré comme nous avons pu le constater les manifestations dont le Brésil entier est actuellement victime.

Le Brésil entame sa troisième semaine de manifestations.

Plusieurs manifestations  sont prévues pour ce début de semaine. La présidente Dilma Rousseff peine toujours à trouver une réponse aux revendications des manifestants même après son intervention à la télévision vendredi ou elle a annoncéun grand pacte pour améliorer les services publics “.

Lundi, Dilma Rousseff n'a toutefois pas précisé quel type de réforme politique elle envisageait. La candidate à un second mandat en 2014 à seulement avancé “Je veux proposer un débat sur la convocation d'un référendum populaire qui autorise le fonctionnement d'un processus constituant spécifique pour mener la réforme politique dont le pays a tant besoin“.

Ces derniers jours, la presse étrangère a essayé de décortiquer les raisons qui ont mené les Brésiliens à descendre en bloc dans la rue. Une telle mobilisation des Brésiliens c’est du jamais vu. Même les petites villes se sont mobilisées. Pourquoi le Brésil, devenu une puissance économique ces dernières années, connaît-il maintenant ses plus importantes protestations depuis 20 ans ?

Plus d'argent pour les transports publics

On sait que l'augmentation du prix des tarifs dans les transports à Sao Paulo a été l’élément déclencheur de la contestation, mais depuis, d'autres revendications ont émergé. On sait aussi que l'ascension d'une classe moyenne mieux formée, plus consommatrice a changé la donne : elle attend du gouvernement un service public de qualité qui n'existe pas dans le pays. Au Brésil, tout est payant : la santé, l'éducation, et même la sécurité. Dans les grandes villes, pour survivre à la criminalité, il faut blinder sa voiture et habiter dans des forteresses ultra-sécurisées.

Quelques réactions à chaud sur la toile internet

Dilma a parlé avec plus de conviction qu'avant, mais avant de quitter les rues, nous devons avoir les garanties des autres pouvoirs“, a commenté sur Twitter un manifestant sous l'étiquette : Vemprarua (“Descends dans la rue“). “On y arrive; Je crois qu'il commence à y avoir des changements“, a posté un autre sur la page Facebook : Ogiganteacordou (le géant s'est réveillé).

Irwin Henry journaliste pour (brasil-infos.com).

Photos Lis Ventura.


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