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Carnet de bord de Francis Joyon

 

Francis joyon arrive a rio aujourd hui 21 avril



Chers lecteurs de brasil-infos.com qui devenez chaque mois plus nombreux, nous avons eu le plaisir de vous faire partager depuis 13 jours le carnet de bord de Francis Joyon et vivre des moments exaltants au quotidien durant sa traversée de l’Atlantique depuis son départ de Bordeaux jusqu’à son arrivée à Rio de Janeiro au Brésil. Brasil-infos remercie vivement l’Agence presse Mer et Média, de même que Fabrice THOMAZEAU, également le site trimaran-idec.com, ainsi que le Consulat de France à Rio pour leur précieuse source d’informations au quotidien sans laquelle nous n’aurions pu vous faire partager cette traversée historique. Um imenso PARABENS para Francis Joyon !!!



 Francis joyon a rio

 

Dernières nouvelles

Francis Joyon est arrivé à Rio de Janeiro, après 13 jours de mer

Lundi 21 avril 2014 - 19h50

C’est fait ! A 19h 38 minutes et 19 secondes heure française ce lundi 21 avril 2014 (17h38’19’’ TU), le maxi-trimaran IDEC a coupé la ligne d’arrivée à Rio de Janeiro, au Brésil. Francis Joyon établit ainsi le premier temps de référence de la Route de l’Amitié, nouveau record entre Bordeaux (France) et Rio de Janeiro (Brésil). Son temps de course : 13 jours, 03 heures, 05 minutes et 19 secondes pour couvrir les 4812 milles du parcours théorique.

Francis Joyon avait quitté Bordeaux le mardi 8 avril, déclenchant le top départ dans l’estuaire de la Gironde à 16h33 heure française (14h33’00 TU). C’était quatre jours seulement après avoir ouvert officiellement le stand-by et reçu des soutiens appuyés, notamment ceux de l’Equipe de France de Football, des Girondins de Bordeaux, de Fabien Barthez etc. Cette toute nouvelle Route de l’Amitié entre Bordeaux et Rio de Janeiro, conçue comme un trait d’union entre la France et le Brésil, a été en effet imaginée au profit d’associations caritatives brésiliennes et de l’ICM, Institut du Cerveau et de la Moelle Epiniere.

15,2 nœuds de moyenne sur l’ortho et 18,1 nœuds en réel
Le temps de course d’IDEC : 13 jours, 03 heures, 05 minutes et 19 secondes pour couvrir les 4812 milles du parcours théorique, soit une moyenne sur l’orthodromie de 15,27 nœuds. En réalité, IDEC a parcouru 910 milles de plus sur l’eau : 5722 milles nautiques à 18,16 nœuds de moyenne. Explication : Francis Joyon a du surfer sur le dos de dépressions successives, du cap Finisterre jusqu’au milieu de l’océan Atlantique. Là, il n’a pas hésité à écarter sa trajectoire jusqu’à 900 milles de la route directe, soit plus de 1600 kilomètres ! Une nouvelle fois, Francis Joyon a su faire parler toute la vitesse de son maxi trimaran pour jouer avec les systèmes météo. Il a très souvent flirté avec les 30 nœuds de vitesse...
Les 24 dernières heures de mer le long du Brésil ont été très exigeantes pour le pilote d’IDEC, qui a du lutter contre des vents de face pour les 120 derniers milles vers Rio de Janeiro. Epuisé, en déficit de sommeil, Francis Joyon a du se dépasser et multiplier les virements de bord et les manœuvres pour finir par franchir la ligne. Ces 13 jours de mer ont été à la fois originaux – sur une trajectoire très nord/ouest -  et très engagés. Quelques instants après le passage de la ligne, Francis Joyon nous livrait ses premières impressions sur ce nouveau record. Les voici.

Les mots de Francis Joyon à l’arrivée
La première réaction : "Je suis vraiment content d’en avoir terminé, car les dernières 24 heures ont été très éprouvantes. Physiquement, il faudrait me ramasser à la petite cuillère, là ! Je n’ai pas du tout dormi depuis deux jours, à cause des conditions mais aussi parce qu’il y a vraiment beaucoup de trafic le long des côtes brésiliennes. Il faut être en permanence sur  ses gardes. C’est un exercice assez épuisant."

Les dernières 24 heures de mer
"La dernière difficulté à surmonter à été très stressante. Vers minuit la nuit dernière, j’ai été pris dans un énorme orage, très impressionnant… et le vent a basculé d’un seul coup de 180 degrés ! Je suis passé du portant au vent debout, en plein dans le nez, avec des variations en force très déstabilisantes : de 10 à 25 nœuds en quelques secondes ! A bord d’un grand multicoque comme IDEC, ce sont des conditions très délicates. Il faut sans cesse manœuvrer, prendre des ris, les renvoyer. Le tout sous la menace d’un énorme trafic entre la côte et les plateformes pétrolières au large. Un remorqueur est passé tout près du bateau pendant que je manoeuvrais par exemple… Et puis, le vent debout, pile dans l’axe de la route, tout le monde sait que ni le bateau ni moi nous n’aimons ça ! Pour toutes ces raisons je suis encore plus heureux d’arriver ici, au Brésil ! "

Le chrono et la trajectoire
"Avant le départ de Bordeaux, j’imaginais mettre autour de 15 jours. Donc 13 jours c’est plutôt bien compte tenu de la route très à l’ouest que j’ai du emprunter pour rebondir sur les bordures des dépressions de l’Atlantique, puis de la grande épaisseur du Pot au noir (300 milles, ndr) où j’ai été certes ralenti, mais sans jamais m’arrêter complètement. Et puis cette trajectoire a été un excellent entraînement pour la Route du Rhum : quand j’ai pu enfin basculer sur une route sud dans l’Atlantique, je n’étais plus qu’à deux jours de mer de La Guadeloupe ! J’ai parcouru beaucoup de milles, beaucoup plus que sur la route théorique… et j’ai encore appris des choses. Chaque mille qui passe, chaque manœuvre me fait progresser encore dans la connaissance du bateau. Mon chrono est bien sur améliorable, à la faveur d’une météo qui permettrait une trajectoire plus directe."

Le bateau
"Je suis très satisfait parce qu’IDEC prouve qu’il est encore rapide et qu’il est solide. Je n’ai rien cassé de majeur. Les petits pépins techniques rencontrés sont de la routine, vraiment minimes. Je vais tous pouvoir les résoudre moi même, ici au Brésil. Ce ne sont que des détails. Aucun souci de ce côté là donc."

Pour l’ICM
"Naviguer pour soutenir l’ICM et les associations, pour la bonne cause en somme, est quelque chose de très motivant pour moi. Cela ajoute une dimension spirituelle à la force brute de la voile."

Rappels

Pour mémoire, ce nouveau record entre Bordeaux et Rio de Janeiro se veut comme un trait d’union amical entre la France et le Brésil. Il réunit de Grands Ambassadeurs des deux pays - personnalités du sport, artistes, ou issus des milieux économiques et médiatiques - autour d’un soutien commun à des associations caritatives brésiliennes et à l’ICM, Institut du Cerveau et de la Moelle épinière.

La Voile de l'espoir
Pour cette nouvelle route de plus de 4800 milles nautiques (9000 kilomètres) à travers l'Atlantique, le grand trimaran rouge portait à l'avant la "Voile de l’Espoir", dédicacée en France et au Brésil, par les Grands Ambassadeurs des deux pays rassemblés autour du projet. Cette voile sera mise aux enchères fin 2014 lors d’une soirée de gala à Paris. L’intégralité des profits sera reversée aux associations caritatives brésiliennes et à l’ICM, Institut du Cerveau et de la Moelle épinière.

Joyon, le chasseur de records
Francis Joyon est le premier marin titulaire de l’Ultimate Trophy. Il est le seul à avoir détenu en même temps les quatre records suivants :
- Record du Tour du monde: 57 jours 13 heures 34 minutes et 6 secondes, février 2008 (record valide à ce jour)
- Record de l'Atlantique Nord: 5 jours, 2 heures, 56 minutes et 10 secondes, juin 2013 (record valide à ce jour)
- Record des 24 heures: 666,2 milles parcourus, juillet 2012
- Record de la Route de la Découverte(Cadix – Sans Salvador) : 8 jours 16 heures 7 minutes et 5 secondes, février 2013



 

Communiqué de Presse

Francis Joyon arrive à Rio de Janeiro aujourd’hui 21/04/2014

Ce lundi matin, le maxi trimaran IDEC n’a plus que 100 milles à couvrir pour arriver à Rio et couper la ligne d’arrivée de la Route de l’Amitié. Ce sera chose faite dans la journée.

Finalement, IDEC n’aura n’a que très peu ralenti hier dimanche, enchaînant même de longues sessions à plus de 22 nœuds de moyenne ! Résultat, Francis Joyon a fait beaucoup de gain sur la route, au point qu’il va devancer de quelques heures ses prévisions d’arrivées.

Ce lundi matin, le maxi trimaran évolue à une vingtaine de milles du Cabo Frio, soit un peu moins de 100 milles de la ligne d’arrivée à Rio de Janeiro. IDEC tire des bords à une vitesse moyenne de l’ordre de 14 nœuds. Francis Joyon devrait couper la ligne dès cet après-midi heure française, avec un temps de course qui tournera autour de plus ou moins treize jours.

 En bref

A 8h34 heure française ce lundi de Pâques 21 avril 2014, après 12 jours et 16 heures de mer, Francis Joyon à bord d’IDEC navigue à 14,6 nœuds en tirant des bords vers l’ouest, par 22°56 Sud et 41°23 Ouest. Distance parcourue depuis le départ de Bordeaux : 4714 milles. Distance au but, Rio de Janeiro (Brésil) : 98 milles.



 

Dimanche 20/04/14

Francis Joyon fait durer le suspensepour le final de cette Route de l’Amitié. Il avait annoncé qu’au vu de la météo il allait probablement subir un fort ralentissement ce dimanche de Pâques. Mais à 10h30 heure française le maxi trimaran IDEC est encore flashé à plus de 22 nœuds sur la route directe ! Et les fichiers de vent semblent un tout petit peu plus favorables qu’hier. Or, à 400 milles de l’arrivée à Rio de Janeiro, chaque écart de vitesse et chaque trou de vent évité font évoluer considérablement la prévision d’arrivée.

Jusqu’ici Francis Joyon annonçait « mardi 22 dans la journée ». Il n’est pas impossible que ce soit un peu plus tôt, encore que les 100 derniers milles peuvent s’avérer vraiment difficiles. On peut y redouter des bulles sans vent capables d’arrêter le grand multicoque rouge pendant quelques heures, mais ils sont très difficiles à prévoir.

Francis n’a pas pu être joint ce dimanche matin au téléphone satellite et on ne prendra pas le risque d’affiner à sa place son ETA (sa prévision d’arrivée). Pour le moment, impossible d’être précis sur ce dossier. Disons que cette Route de l’Amitié devrait s’achever dans les soixante heures qui viennent : IDEC coupera la ligne d’arrivée à Rio au mieux demain lundi et probablement pas après mardi soir heure française. Rappelons enfin que même à bord d’un trimaran de 30 mètres, 400 milles, ce n’est pas rien. A titre de comparaison, c’est par exemple 50 milles de plus que la distance entre Brest et La Corogne. Wait and see !

En bref

A 11h00 heure française ce dimanche 20 avril 2014, après 11 jours et 18 heures de mer, Francis Joyon à bord d’IDEC naviguait à 19,8 noeuds, cap au sud (184°), par 18°48 Sud et 38°17 Ouest. Distance parcourue depuis le départ de Bordeaux : 4421 milles. Distance au but, Rio de Janeiro (Brésil) : 391 milles.



 

Samedi 19/04/14

Les affres du Pot au noir sont définitivement dans le sillage du maxi trimaran IDEC, qui navigue environ 170 milles dans le nord-est de Salvador de Bahia. Ce samedi matin à 8h heure française Francis Joyon fonce encore dans l’obscurité le long des côtes du Brésil (le jour se lève pour lui quand il est 10h30 à Paris). Il est en train de signer une deuxième partie de nuit très productive, avec des vitesses supérieures à 20 nœuds depuis quelques heures.

Il faudra tout de même attendre au moins demain dimanche pour affiner son ETA  - estimation d’arrivée – toujours prévue pour l’instant mardi 22 à Rio de Janeiro. Car pendant 24 heures encore le vent de secteur Est devrait se maintenir, mais il est probable qu’IDEC ralentisse ensuite au fur et à mesure de la rotation du vent vers le nord. Francis estime en effet que le vent devrait tourner nord-est puis nord en faiblissant, jusqu’à ce qu’IDEC se retrouve plein vent arrière dans du vent faible, allure peu propice à la vitesse. Une affaire à suivre, car la prévision dans cette zone est relativement aléatoire.

Hier soir au large de Recife, il y a eu un petit moment symbolique pour tous ceux qui s’intéressent à cette nouvelle Route de l’Amitié entre Bordeaux et Rio : IDEC a retrouvé le tracé de l’orthodromie, la route directe théorique. Et c’était tout simplement… la première fois depuis le départ de Bordeaux ! Jusqu’ici, en onze jours de mer, IDEC avait croisé une seule fois ce tracé et c’était dans les eaux espagnoles, au cap Finisterre ! Francis Joyon ne devrait plus vraiment quitter cette route théorique désormais jusqu’à l’arrivée à Rio de Janeiro. Il va faire tomber ce samedi matin la barre des 4000 milles parcourus… et donc entamer les 800 derniers. A la fin du onzième jour de mer.

En bref

A 08h20 heure française ce samedi 19 avril 2014, après 10 jours et 16 heures de mer, Francis Joyon à bord d’IDEC naviguait à 22 noeuds, cap au sud-sud-ouest (200°), par 12°00 Sud et 35°33 Ouest. Distance parcourue depuis le départ de Bordeaux : 3990 milles. Distance au but, Rio de Janeiro (Brésil) : 822 milles.



 

Jeudi 17 Avril 2014

Ce jeudi matin, il reste un peu moins de 1500 milles à couvrir pour atteindre Rio de Janeiro et boucler cette toute première Route de l’Amitié entre la France et le Brésil. Mais il faut donc pour cela s’extirper des griffes du Pot au noir. Car comme le craignait Francis Joyon hier en croisant déjà de gros nuages noirs, le franchissement de la ligne de démarcation entre les deux hémisphères s’est mérité ! La faute à ces calmes soudains que l’on rencontre dans la zone de convergence intertropicale. Cette nuit, il a fallu par exemple pas moins de six heures et de très nombreuses manœuvres pour couvrir les 30 derniers milles de l’hémisphère nord.

Mais une heure plus tard, la vitesse d’IDEC état multipliée par… quatre, repassant au-dessus des 20 nœuds, puis tombant à moins de 15 nœuds, puis flirtant de nouveau avec les 20 nœuds de moyenne ! Le tout en l’espace de trois heures seulement ! Les conditions sont donc très, très irrégulières, avec un vent qui varie en permanence en force et en direction. En un mot, le Pot au noir est fidèle à sa réputation.

Environ 200 milles dans le nord-ouest de l’archipel Fernando de Noronha, IDEC file bon train à 8h30 ce matin (19 nœuds). Impossible de dire cependant de quoi sera faite cette journée de mer, car 200 milles, c’est à peu de choses près l’épaisseur du Pot au noir restant à traverser. Rappelons nous ce que disait Francis Joyon voilà 48 heures : « il y a un peu de tout là-dedans – des grains, des calmes, de la pétole voire des vents de face…- je peux aussi bien le franchir rapidement comme une fleur qu’y rester encalminé deux jours ».

Les vitesses très satisfaisantes ce matin – autour de 19 à 20 nœuds -  inclineraient plutôt à l’optimisme. Mais il faudra toute de même attendre demain vendredi pour avoir une idée du jour d’arrivée à Rio de Janeiro, le nombre de jours de mer restant jusqu’à la ligne pouvant encore varier du simple au double tant que ce fameux Pot au noir n’est pas définitivement dans le sillage. Wait and see !

En bref

A 8h30 heure française ce jeudi 17 avril 2014, après 8 jours et 16 heures de mer, Francis Joyon à bord d’IDEC naviguait à 20,8 noeuds, cap au sud (176°), par 00°50 Sud et 33°52 Ouest. Distance parcourue depuis le départ de Bordeaux : 3319 milles. Distance au but, Rio de Janeiro (Brésil) : 1493 milles.



 

Mercredi 16 Avril 2014

« C’est vraiment sympa, je suis bien content de faire ce bord enfin en ligne directe vers le but, je n’y étais plus habitué avec tous ces contournements de dépressions! Le bateau passe très bien dans la mer. Je suis dans un alizé de nord-est assez variable en force, qui oscille entre 20 et 28 nœuds. » Moral au beau fixe pour Francis Joyon ce mercredi midi : le maxi trimaran IDEC file alors à près de 25 nœuds et les milles dégringolent dans l’escarcelle du marin solitaire. Il renoue avec des journées à plus de 540 milles parcourus. « Je n’ai plus que 300 milles à couvrir d’ici l’équateur. Je basculerai dans l’hémisphère sud dans une quinzaine d’heures,  soit la nuit prochaine pour vous en France » estime Francis.

Autre excellente nouvelle : « j’ai réussi à réparer les transmissions des safrans de flotteurs. Je fignolerai ça après l’arrivée mais le bricolage que j’ai fait est opérationnel à 100%. Je ne suis plus obligé de les démonter et les remonter à chaque changement de bord. Je n’ai d’ailleurs pas eu d’autres pépins, à part ce que j’appelle le petit matelotage quotidien : une écoute qui cède, un boute à remplacer, des choses comme ça…»

Un Pot au noir large et actif

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes alors qu’IDEC en terminera cet après-midi avec son huitième jour de mer, que près de 3000 milles ont été couverts et que Rio de Janeiro n’est plus qu’à 1800 milles devant les étraves ? Tout va bien, oui… à cette exception notable que la prévision météo pour le passage de la zone de convergence intertropicale est moyennement engageante et ne permet pas au pilote d’IDEC de déjà calculer une estimation d’arrivée à Rio de Janeiro.

Explication : « sur ma trajectoire nord-sud, je n’ai plus vraiment le choix d’affiner mon passage du Pot au noir si ce n’est à la marge, de quelques milles seulement. Et il s’annonce très large. J’en constate même déjà les prémices car je commence à naviguer sous de gros nuages noirs. Hier, une prévision me le donnait comme mesurant environ 200 milles, mais aujourd’hui ce serait plutôt le double, entre 300 et 400 milles ! Et les fichiers voient un peu de tout à l’intérieur de cette zone : du nord-est faible, mais aussi des calmes, voire même du vent de sud dans l’axe de ma route. Maintenant, je ne vais pas paniquer car je sais aussi qu’il y a souvent beaucoup de différence ici entre la prévision et ce qu’on constate réellement sur l’eau. » La suite ? « Si on va un peu plus loin dans le temps, je peux aussi devoir affronter une zone de calmes entre Salvador de Bahia et Rio, vers le 21 avril… mais une autre prévision me donne de la brise relativement forte dans le final ! J’aimerais bien car du vent soutenu sur un cap relativement serré me permettrait d’envoyer la Voile de l’Amitié, que je conserve précieusement à bord pour l’instant en attendant les bonnes conditions. .»

Pour mémoire, cette Voile de l’Amitié a été signée par de Grands Ambassadeurs de cette toute nouvelle Route de l’Amitié, ce record inédit entre Bordeaux et Rio de Janeiro. Parmi les signataires (lire nos autres articles sur le sujet) on retrouve par exemple l’équipe de France de Football au grand complet ainsi que celle des Girondins de Bordeaux. C’est cette voile qui sera vendue aux enchères au profit d’associations brésiliennes de lutte contre la pauvreté et de l’ICM, l’Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière installé à Paris qu’IDEC et Francis Joyon soutiennent depuis toujours.

En bref

A 12h00 heure française ce mercredi 16 avril 2014, après 7 jours et 19 heures de mer, Francis Joyon à bord d’IDEC naviguait à 27,8 noeuds, cap au sud/sud-est (173°), par 05°04 Nord et 34°47 Ouest, soit à 600 milles de la pointe est de la corne du Brésil. Distance parcourue depuis le départ de Bordeaux : 2968 milles. Distance au but, Rio de Janeiro (Brésil) : 1844 milles.



 

mardi 15 Avril 2014

Francis Joyon n’est visiblement pas beaucoup handicapé par le souci technique avec ses transmissions de petits safrans (lire notre article d’hier) : il retrouve depuis quelques heures des vitesses supérieures à 20 nœuds et s’apprête à valider dès ce mardi matin la barre des 2400 milles parcourus. Autrement dit, sa situation géographique est facile à comprendre : il est à la fois à mi-chemin entre Bordeaux et Rio et à l’exact milieu de l’Atlantique, par 15° Nord et 36 degrés Ouest.

Le plus important est que le maxi trimaran IDEC est désormais calé sur la bonne VMG (Velocity Made Good, ou route efficace vers le but). Chaque mille dans le sillage rapproche de Rio de Janeiro sur une trajectoire idéale. On note d’ailleurs que Francis Joyon fait un cap à la verticale de l’archipel de Fernando de Noronha, avec un tout petit peu d’est dans son sud (cap au 164° à 9h). Cela correspond exactement à la route nécessaire pour parer la corne du Brésil avant de pouvoir mettre le clignotant à droite vers Rio de Janeiro. Voilà 48 heures, Francis Joyon naviguait 150 milles plus à l’ouest… cela donne une idée de la route météo qu’il a du suivre pour contourner la fameuse dépression qui lui barrait la route depuis quelques jours. Cette route sud/sud-est est parfaite maintenant pour se recaler vers le but.

Après un peu moins de sept jours de course, tout va bien donc pour le pilote du maxi trimaran IDEC. Prochaine difficulté : la zone de convergence intertropicale, plus connue sous le nom de Pot au noir et célèbre pour son alternance de calmes et de grains violents. « A priori, il est plutôt actif au sud de l’équateur en ce moment, mais c’est toujours la même histoire avec le Pot au noir : je peux aussi bien le traverser comme une fleur qu’y rester encalminé deux jours » expliquait Francis hier midi. Wait and see donc, la frontière avec l’hémisphère sud est encore à deux jours de mer.

En bref

A 8h50 heure française ce mardi 15 avril 2014, après 6 jours et 16 heures de course, Francis Joyon à bord d’IDEC naviguait à 21,8 noeuds, cap au sud/sud-est (165°), par 15°06 Nord et 36°34 Ouest. Distance parcourue depuis le départ de Bordeaux : 2363 milles. Distance au but, Rio de Janeiro : 2450 milles.



 

Communiqué de Presse

Lundi 14 Avril 2014

Environ 800 milles dans l’ouest de l’archipel du Cap Vert, Francis Joyon a franchi ce lundi matin la barre symbolique des 2000 milles parcourus depuis son départ de Bordeaux, mardi dernier. Il est en train de terminer le contournement d’une dépression et peut enfin repartir vers le sud, c’est à dire sur une route désormais directe vers Rio de Janeiro.

" Jusqu’ici, au vu de la route très nord que j’ai suivi, cette Route de l’Amitié était un excellent entraînement pour La Route du Rhum ! Si je devais aller en Guadeloupe aujourd’hui, il ne me faudrait pas plus de trois jours. Je suis bien plus proche de Pointe-à-Pître que de Rio de Janeiro ! "

Francis Joyon est d’humeur à plaisanter ce midi, avec la bonne voix du marin qui sait qu’il vient de surmonter une nouvelle difficulté de taille. Tout le week-end, le pilote d’IDEC s’est en effet battu pour tricoter sa trajectoire au millimètre « sur le dos » d’une bulle dépressionnaire. Celle-ci l’obligeait à gagner dans l’ouest pour ne pas se faire croquer par les vents de face qui sévissent dans l’est de ce phénomène météo. A ce petit jeu, IDEC s’est retrouvé parfois 800 milles au large de la route directe théorique… soit près de 1 500 kilomètres ! Voilà pourquoi, au beau milieu de l’Océan Atlantique, Joyon parle d’entraînement pour la Route du Rhum et plaisante : « je décide tout de même d'aller à Rio maintenant, nous sommes d’accord, hein ? »

Comme prévu, IDEC a connu quelques heures difficiles, tôt ce lundi. Francis Joyon raconte : " je me suis retrouvé encalminé quelques heures. J’ai du faire beaucoup de manœuvres pour me sortir des ces calmes… Je me suis même énervé un peu (rires) ! Mais maintenant (à 11h30 heure française, ndr), je crois que j’en suis sorti. Je peux faire cap au sud à une vitesse relativement correcte, mais je me méfie car il y a des grains, le vent est encore très instable en force et en direction. Je dois être vigilant. "

Petits pépins techniques

Au sixième jour depuis le début de ce nouveau record entre Bordeaux et Rio au profit d’associations caritatives brésiliennes et de l’ICM (Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière, lire nos articles précédents), Francis Joyon vient de franchir le cap des 2 000 milles couverts depuis le départ. IDEC peut surtout faire enfin une route directe vers le Brésil. « Jusqu’à mercredi je pense naviguer encore dans des vents relativement modérés et irréguliers, mais ça devrait aller un peu mieux ensuite, jusqu’au Pot au noir ». L’équateur est encore à plus de 1 000 milles des étraves d’IDEC, Rio de Janeiro à un peu moins de 2 800 milles.

" J’ai un petit pépin technique aussi », ajoute Francis Joyon, « deux des six biellettes qui relaient les gouvernails de mes flotteurs au safran central sont abimées. J’ai du changer les biellettes valides de côté pour pouvoir empanner. Ce n’est pas dangereux car le safran central est prioritaire, mais cela nuit à la stabilité donc à la vitesse. Je vais trouver un moyen de les réparer car la manipulation me prend une heure environ, ce n’est pas très confortable. Mais pas d’inquiétude, je vais trouver une solution… "



 

Samedi 12/04/14

Fin du quatrième jour de mer pour Francis Joyon, engagé depuis mardi dans la Route de l’Amitié, nouveau record entre Bordeaux et Rio de Janeiro (Brésil). Sur une trajectoire très au large – 450 milles à l’ouest de la route directe théorique ! – IDEC avale toujours les milles à une cadence soutenue, de l’ordre de 20 nœuds de moyenne ce samedi matin.

Mais d’un point de vue météo l’exercice est délicat : Francis doit très régulièrement empanner pour faire un petit bord vers l’ouest. Il s’agit certes de garder un angle au vent productif en vitesse, mais surtout, le plus important est de bien surfer exactement sur la bordure d’une nouvelle dépression. Un véritable exercice de funambule : s’il dépasse cette bordure vers l’est en voulant se rapprocher de la route directe, IDEC se retrouvera piégé dans des vents de face… voire des calmes beaucoup trop calmes ! Pour éviter cela, Francis sait qu’il peut prendre un peu de marge vers l’ouest… mais pas trop puisque chaque bord dans ce sens rallonge la route !

Voilà pourquoi Francis Joyon a sorti pour ce week-end son balancier d’équilibriste : sur le fil du rasoir, jouant au chat et à la souris avec cette bulle dépressionnaire, il s’apprête à doubler la latitude des îles Canaries. La grande inconnue : que trouvera-t-il « derrière », une fois cette nouvelle difficulté surmontée ? « C’est ce qui me questionne le plus » expliquait-il hier au téléphone satellite, " l’alizé est perturbé par ces dépressions, je peux aussi bien retrouver derrière un peu d’air que… pas de vent du tout. J’en saurai plus lundi ! "

En bref

A 9h heure française ce samedi 12 avril 2014, Francis Joyon à bord d’IDEC naviguait à 19,6 noeuds, cap au 206° (sud-ouest), par 29°46 Nord et 29°13 Ouest. Distance parcourue depuis le départ de Bordeaux : 1463 milles. Distance au but (Rio de Janeiro) : 3349 milles.



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