"Les potes de dédé "

Aimé Nouma

 

 Paris 2/01/2013

BRASIL par Aimé Nouma

 

Une des plus belles plumes du slam

Un poète, un conteur, un griot des rues de Paris

qu’il a  longtemps arpenté  au gré de pérégrinations,

et qu’il déclame en vers  et avec verve à travers des slams

savoureux, sensuels, sensibles, entraînants et touchants.

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Aimé Nouma photo de Dan-Ngu. 

Je suis membre d'une famille de footballeurs originaire du Cameroun, (vous savez le pays des Lions Indomptables) et  bien évidemment, quand je pense  au  Brésil, c'est d'abord les mots FUTEBOL  puis GOL qui me viennent à l'esprit, réveillant  ainsi  les souvenirs des différents "Tournois de Paris" auxquels, jeune banlieusard, j'ai eu la joie d' assister, depuis les tribunes  du  Parc des Princes avec mes petits  camarades de club.

Santos, Cruzeiro, Botafogo, Fluminense :

Des noms à faire rêver, tout éveillé, les joueurs en herbe que nous étions.

En fouillant encore plus loin dans ma mémoire, reviennent aussi  images et  commentaires- télé des exploits de  ce qui reste pour moi la plus belle Seleção de tous les temps : celle de Mexico 70, celle des Tri Campeo avec Sa Majesté Pelé portée en triomphe. El Rey, triple  vengeur de tout un peuple humilié après une  finale de coupe du monde perdue à domicile vingt ans auparavant.

 D'ailleurs, j'imagine que le spectre d'une nouvelle défaite hante les organisateurs de l'édition 2014..car Il y a dans le monde, des pays où le sport-roi est  en même temps   Opium et Religion.

Du Football-Samba qui vous en met plein la vue, aux paillettes du  célébrissime Carnaval de Rio, il n'y  a  qu'un pas... de danse. Toujours du rythme, du talent, de la  cadence et  aussi des frissons  comme dans "Orphée Négro", ce vieux  film en noir et blanc  où l'on voit la mort  traquant la belle Mapessa Dawn  jusqu'au bout de la nuit. Je  reconnais  que ça  a bien foutu la trouille au jeune cinéphile que j'étais.

Moins sombre et moins tragique comme souvent avec notre Belmondo national, "L'Homme de Rio" un long métrage  au cours duquel nous suivons l'espace d'un week-end notre héros courant au secours d'une  belle… Bébel nageant, volant,  sautant non-stop  de la jungle des rues de Rio  à celle de l'Amazonie, se castagnant  sans cesse du  pied  des vestiges enfouis des temples indiens jusqu'aux sommets des  fondations de Brasilia, la nouvelle  capitale en construction. Deux jours pour montrer la diversité d'un pays vaste comme un continent. Ça n'est  pas possible! Mais  objectif  touristique atteint car , l'on a envie de  les voir en vrai : ces sites paradisiaques, ces kilomètres de plage, cette faune et cette  flore exotiques  à souhait. Ces chutes d'eaux, ces chutes de reins, ces  fessiers  parfois refaits et si parfaits qu'il est  de  bon ton de les exhiber  à longueur d'année puisqu'il fait beau tout le  temps  au pays de Pitanguy. Ce père  de la chirurgie réparatrice des visages  et par extension  des opérations esthétiques. Maintenant, je ne suis  pas sûr qu'il envisageait que tant de ses compatriotes en profiteraient pour changer d'apparence sexuelle, et s'exporter sur les macadams ou sous-bois de Paris et d'ailleurs pour y exercer le plus vieux métier du monde.

A part ça, sinon  le Brésil, ce sont  aussi  des voix suaves, empreintes de  chaleur , de  joie de vivre qui  rendent glamour le  português. A les voir, à les entendre,on a presque envie  d'aller dans les favelas pour y  intégrer écoles de samba ou batucadas. Pour s'initier à la capoeira ou juste pour déguster mojitos et caïpirinhas.

Je crois que comme les américains avant eux, nos amis brésiliens ont réussis à nous imposer leur culture.  Peut-être  grâce à leurs télénovelas  ces séries télévisées, made in Brazil, ayant déferlés sur toute la planète faisant de TV Globo le plus grand network qui soit. Pour moi, ces séries sont vraiment d'intérêt public et servent réellement au développement des mentalités  dans certaines régions du globe.

J'admire aussi  la fraîcheur et la qualité de leur cinéma. Exemple des films, comme Pixote, des réals ne faisant pas forcément Salles combles, mais  montrant  l'envers du décor,  la réalité sur le meeting pot, sur  le partage des richesses, sur l'intégrité de la police etc... Je ne vais pas m'étendre d’avantage (vous avez repéré le jeu de mots ?)

Comme je vous l'ai dit, je viens du Cameroun, pays voisin du Nigéria et dans les années 70,  ces deux pays étaient souvent comparés pour leur  énorme superficie, leur  démographie  et aussi notamment pour leur richesse naturelle.. Force est de constater que le Brésil  a  mieux su tirer parti de ses potentialités.

Mais peut-on comparer un pays où l'on assassine tous les jours des individus à cause de leur appartenance religieuse à un autre qui a su mettre une femme au pouvoir?

Vous me direz, c'est aussi le cas  dans le pays voisin en Argentine. Mais ce n'est  pas le sujet. Et va savoir ce qui se passerait si les argentins venaient à la remporter cette coupe du monde brésilienne ?

 Aimé NOUMA - Slameur2coeur - Comédien, slameur, animateur télé.


 

Voici un slam que j'ai écrit pour mon pote dédé, il y a tellement à dire sur lui...

"Dédé de Montreuil, un aristo de la zone"

Comme l’attestent encore de beaux restes

il paraîtrait: qu’il était beau gosse le keum,

le gadjo quand il était plus jeune.

Mais, ce n’est pas ce qui m’a marqué, sans conteste

quand je l’ai rencontré  pour la première fois,

dans les beaux quartiers de la commune de Levallois

au cours d’un dîner mondain chez une relation commune.

Pas commun, le bonhomme à la chevelure presque blanche.

Bonne mise, bonne mine, complet-veston, chemise blanche,

Weston et qui se recommandait  de la Zone ... Du 9.3.

Des quartiers chauds de la  Seine-St-Denis, ces endroits...

où banal petit rital, il avait grandi …

c’était fait ses premiers amis.

Et qui maintenant se faisait appeler Dédé, Dédé de Montreuil.

“Je suis un Aristo de la Zone” balançait-il avec une pointe d’orgueil.

 

Et des barres de rires, à cette tablée, on s’en ai tapé ce soir là.

Car le drôle de Monsieur s’est avéré sympa, drôle, cultivé, tout ça.

Alternant verlan, argot, javanais et un langage châtié mâtiné de mots gitans,

il nous en a fait passer du bon temps ,nous racontant

avec humour et par le menu,

des vraies histoires vécues:

le Saint Germain-des-Prés des sixties,

les bandes de voyous d’antan

les soirées de ouf du showbiz

les bastons, la snouf, la tiz

Sans oublier les femmes:

les poufs, les stars, les starlettes,les grandes dames.

Il parlait aussi avec ferveur ,voire amour

de ses actions, ses combats pour l’intégration des jeunes, des défavorisés.

racontant ses victoires  et aussi  ses fours.

Il disait qu'il avait été favorisé par la vie

parlait des rencontres importantes de sa vie

citant de ci-de la des noms comme Mocky, Séguéla

Aznavour, Servan-Schreiber, Rocard, Sartre, Mitterrand, Prévert, Solaar etc..

Et là, il ouvrait les vannes, mais sans monopoliser la parole,

et entre deux bonnes vannes ,(c’est un cas d’école)

il racontait, racontait, racontait, racontait, racontait

et nous on l’écoutait parce qu’il n’était pas là

à se la raconter 

Le Slameur2coeur
 Aimé

Pour le journal francophone du Brésil www.brasil-infos.com