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Atelier Picasso 7 rue des Augustins

A cardinali andre cardinali a paris 9 avril 2014 alain elorza

André Cardinali, dit Dédé de Montreuil, est un créateur d’événements culturels. Il aide les jeunes talents à percer dans ce milieu. Fils d’immigrés italiens, il a grandi dans le Paris des années 60.

C’est au contact de Jean-Jacques Servan-Schreiber, le fondateur de l’Express, dont il a été le secrétaire particulier pendant vingt ans, qu’il a puisé cette culture de l’engagement.

Aujourd’hui il s’engage en tant qu’animateur du Comité de soutien pour sauver le Grenier des Grands-Augustins. 

“C’est mon ami Alain Casabona qui, à la tête du Comité National pour l’Éducation Artistique (CNEA), m’a sensibilisé à cette cause. Nous avons mené ensemble des actions humanitaires comme la campagne “Tâtez-vous“, pour le dépistage du cancer du sein, ou celle encore pour soutenir le chef Raoni et protéger la forêt amazonienne.“

dédé aime bien ce genre de combats dont on dit qu’ils sont désespérés, c’est sa profession de foi qu’il mène à terme avec acharnement et conviction.

(Photo Alain Elorza) 

L’atelier Picasso sauvé !

 

Par Dédé de Montreuil le 15 Mai 2014

Bonjour M’ssieurs-Dames,

Encore merci de votre soutien précieux, votre nom restera gravé dans l’histoire de ce lieu mythique.

J’aime bien ce genre de combats dont on dit qu’ils sont désespérés.

Sauver les Grands-Augustins, c’est notre devoir et notre fierté pour l’avenir des jeunes générations. C’est l’affaire de tous, ou du moins ça devrait l’être ! Pour reprendre ma maxime préférée, le Général Patton disait : “ Rien n’est impossible à condition d’utiliser l’audace ”. J’y ajouterai la passion !

dédé



 

Communiqué de presse CNEA                  

14 mai 2014

Le Comité National pour l’Éducation Artistique (CNEA) a pris connaissance du communiqué publié le 13 mai par Mme Aurélie Filippetti, ministre de la Culture (cf. PJ), et se félicite de l’avis favorable adopté à l’unanimité par la commission régionale du patrimoine et des sites. Ainsi que le demandaient les signataires de la lettre ouverte à la maire de Paris et au Premier ministre, la commission s’est prononcée en faveur de la protection, au titre des monuments historiques, du Grenier des Grands-Augustins, du deuxième étage de l’immeuble où fut peint Guernica, mais aussi de l’ensemble des façades, des toitures et de la cage d’escalier du 7, rue des Grands-Augustins.

Il s’agit là d’une magnifique victoire pour tous ceux qui ont uni leurs efforts depuis mai 2013 afin que les Grands-Augustins, qualifiés de "lieu le plus emblématique de Paris " par le réalisateur Carlos Saura, soient définitivement protégés.

Le CNEA exprime sa vive reconnaissance aux membres de son comité de soutien, présidé par M. Lucien Clergue et fédéré autour de Mme Charlotte Rampling, de M. Didier Lockwood et de M. André Cardinali, dit Dédé de Montreuil.

Que soient aussi remerciés Opinion Internationale, le média en ligne qui a recueilli les signatures de nos soutiens*, et son fondateur, M. Michel Taube ; maître Marc Bellanger ; le groupe IGS (Institut de Gestion Sociale), qui soutient l’action du CNEA depuis plus de vingt ans et a accepté d’héberger l’association à titre provisoire. Bien évidemment, nos remerciements s’adressent aussi à tous les signataires de la lettre ouverte à la maire de Paris et au Premier ministre. Leur contribution a été essentielle pour rendre cette victoire possible. Merci aussi à M. Bertrand Delanoë, Mme Anne Hidalgo, M. Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental, et M. Jean-Pierre Lecoq, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour appuyer nos démarches auprès du gouvernement. Merci enfin aux journalistes qui ont bien voulu se faire l’écho de ce combat sans précédent dans l’histoire du Patrimoine.

Pour reprendre les termes de la ministre de la Culture, "désormais, toutes les conditions sont réunies pour que l’arrêté d’inscription puisse être pris très rapidement."

Notre combat ne s’arrête pas là. La vocation des Grands-Augustins ne peut être seulement patrimoniale, elle est aussi et avant tout culturelle: elle ne peut reprendre toute sa dimension que dans le cadre d’une ouverture au public, et tout particulièrement aux scolaires.

Le conseil d’administration du CNEA

* La liste des signataires, mais aussi l’éditorial de Michel Taube, la conférence de presse du 6 mai 2014, l’interview d’André Cardinali et l’improvisation de Didier Lockwood, sont consultables à l’adresse suivante:

www.opinion-internationale.com

1900 signataires ont signé la lettre ouverte à Anne Hidalgo et Manuel Valls.

Pour tous ceux qui n’ont pas encore signé, vous pouvez encore le faire et le demander à vos amis. Merci d’avance.

http://www.opinion-internationale.com/2014/04/26/lettre-ouverte-a-anne-hidalgo-et-manuel-valls-il-faut-sauver-le-grenier-des-grands-augustins_24289.html

Il était temps de classer cet immeuble emblématique.

" ll y a quelques mois, alors que je préparais mon film "33 jours" sur Picasso, Dora Maar et l’élaboration du tableau "Guernica", j’ai eu l’occasion de visiter l’atelier de la rue des Grands- Augustins où l’artiste a peint le "Guernica". Ce fut un grand moment d’émotion.

Je crois que ce lieu doit demeurer un lieu inaltérable, un centre de culte et d’admiration qui, en tant que Patrimoine de I ‘Humanité, mérite donc la plus grande attention de L’État français. ll n’est pas vain de penser que le "Guernica" est la plus formidable représentation "des désastres provoqués par la guerre", un tableau-affiche qui symbolise I ‘horreur et la violence de la guerre, malheureusement toujours présentes à notre époque, où les conflits belliqueux sont une menace permanente pour I ‘Humanité.
Pablo Picasso est un peintre espagnol et français, un peintre universel et sans frontières. ll a passé la majeure partie de sa vie en France qui I’ a toujours bien accueilli. C’est à Paris, dans cet atelier des Augustins que Picasso, en y réalisant le "Guernica", a vécu une des expériences les plus émouvantes de l’Histoire de la peinture. Cette structure de la rue des Augustins qui a accueilli le théâtre, la danse et la peinture, mérite d’être conservée et protégée comme étant le lieu !e plus emblématique de Paris "Carlos Saura

NB : Carlos Saura prépare un film, 33 dias, dont la sortie est prévue en 2015, le rôle de Pablo Picasso étant confié à Antonio Banderas, celui de Dora Maar à Gwyneth Paltrow. A l’occasion du montage du projet, le CNEA avait accueilli le grand cinéaste au Grenier pour lui permettre de prendre les repères et mesures nécessaires à la reconstitution en studio des ateliers.



 

" S’il est un lieu où la culture de la modernité a été créée, c’est les Grands-Augustins ! C’est par Guernica que j’ai appris ce qu’avait été la guerre d’Espagne et que j’ai compris certains enjeux qui ont meurtri l’Europe.

Bafouer ainsi cette mémoire si précieuse est insupportable. De plus, et surtout, faire vivre des endroits où il y a eu création, cela donne envie de créer. Et la France et l’Europe ont besoin de lieux de création. Les Grands-Augustins doivent revivre ". Erik Orsenna



 

 

Coup de gueule de Jean-Pierre Mocky:

" ça me fait doucement marrer de voir la polémique sur la réouverture de l’hôtel de Salé, et tout ça pour des histoires de personnes. Une chose est certaine, le musée va rouvrir. Une autre chose est certaine : si les ateliers des Grands-Augustins ne sont pas classés, ils risquent, eux,  d’être définitivement fermé au public.

J’ai été surpris de voir que Mr Claude Picasso, lors de ses nombreuses interviews, n’a pas parlé une seule fois de l’urgence de classer les ateliers de son père, qui avait déclaré à Brassaï, le grand photographe : "après l’incendie du Bateau-Lavoir, si les Grands-Augustins disparaissent, il ne restera plus rien de mon passage à Paris ".

Mais, peut-être que Claude Picasso n’a pas eu le temps de se pencher sur le problème. On me dit qu’il n’a jamais mis les pieds aux Grands-Augustins.

C’est facile de dire :" la France se fout de mon père ", alors que les ateliers sont en péril et qu’on ne bouge pas le petit doigt !.

Et puis j’aimerai aussi qu’on pense au CNEA, viré par les huissiers à l’automne dernier. Sans le CNEA et tous ceux qui se battent aux côtés d’Alain Casabona, le grenier serait toujours aux oubliettes, et qui parlerait d’éducation artistique dans ce pays ? "

Lucien clergue

Lucien Clergue. Président de l’Académie des Beaux-Arts et Président du comité de soutien.

Animateurs

Les animateurs du comité de soutien et Alain Casabona, Délégué général du CNEA.

" Petit à petit, je me suis engagée, par envie, par amour pour un endroit que je refusais de voir disparaître. Pour quelle raison? Qu’est-ce qui peut justifier la disparition d’un tel lieu de mémoire? Nous avons réalisé au Grenier des choses très créatives, très fortes, très joyeuses aussi. Je sais qu’il ne veut pas qu’on en parle, mais tant pis, nous y avons également joué une pièce de théâtre écrite par Alain Casabona sur cet atelier et les personnages historiques qui l’ont visité à travers les siècles. Les Grands-Augustins sont un véritable symbole. Quant à dire ce qu’ils vont devenir…Même si le résultat obtenu est considérable, la bataille n’est pas pour autant complètement gagnée, mais je doute que les ateliers puissent être désormais détruits. Il faut quand même rester très vigilant. Je ne suis pas politique, je suis simplement un soutien moral, affectif. Amoureuse d’un endroit, tout simplement, et amie des gens qui l’animaient, et qui, je l’espère, pourront à nouveau nous enchanter. Parce que le Grenier n’est pas seulement mythique. Il est magique ".

Charlotte Rampling



 

" La culture, l’art, la mémoire sont les garants de la survie de notre espèce. L’art exerce une triple fonction : il est divinatoire, puisque visionnaire, en ce sens qu’il s’adresse au futur. Il est également le témoin de notre passé, de notre éveil et de notre progression. Mais il est également le seul véritable ancrage dans le présent car tout acte artistique est un cadeau. Ainsi, c’est en regardant au fond des choses, à travers une éducation au sensible, que l’on peut apercevoir la lumière et se retrouver, ensemble, pour servir ce qui nous anime : la vie. Le Grenier des Grands-Augustins doit demeurer un lieu de rassemblement, en toute humilité. Il s’agit de réfléchir sur ce que l’art et la culture nous apportent. A travers le sensible, on peut sublimer le sensé et le rationnel. De ce fait, si nos dirigeants faisaient davantage confiance aux artistes dans leurs visions, on pourrait éviter beaucoup de catastrophes ". Didier Lockwood

 

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La victoire de Guernica

Nous en aurons raison.

 Paul Éluard 

Une anecdote veut qu’à Otto Abetz, ambassadeur du régime nazi à Paris, aurait demandé à Picasso, sur le ton de la colère, lors d’une visite à son atelier rue des Grands-Augustins, devant une photo de la toile de Guernica : « C’est vous qui avez fait cela ? », Picasso aurait répondu : « Non… c’est vous »

Aujourd’hui, Picasso pourrait nous dire " C’est vous qui avez sauvé mon atelier ? oui, c’est nous !