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Baisse incontrôlée du réal brésilien.

Écrit par François-Mary BOURREAU

Rien ne va plus dans l’économie brésilienne, même si seul Mr Mantega le Ministre de la “Fazenda“ affiche résolument un optimisme exagéré pour le moins déroutant, voir incompréhensible alors que tous les clignotants sont au rouge… Le réal a du mal pour se stabiliser.

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(photo AFP) 

Suite à une dévaluation programmée par le gouvernement brésilien du réal trop élevé pour une meilleure compétitivité à l’export, un dollar US qui se veut fort sur lequel la monnaie brésilienne se trouve étalonnée et l’inflation récurrente pour le moins incontrôlable qui augmente depuis quelques mois, de même qu’une croissance en berne… Ce sont autant d’éléments négatifs qui s’additionnent en cascade sur l’économie du Brésil.

Relancer la consommation intérieure ? Elle s’essouffle en raison de l’actuelle inflation car la classe moyenne est sévèrement touchée. Moins de protectionnisme ? C’est une bonne piste même si le taux d’importation est supérieur à l’exportation. Plus de souplesse ? Oui c’est une évidence pour l’ouverture des marchés. Plus de production ? Très certainement, mais à des tarifs compétitifs.

Le gouvernement brésilien qui vient d’investir 50 Milliards de dollars, une somme considérable pour tenter de sauver le réal et freiner sa dégringolade spectaculaire ces derniers jours sur les marchés des devises. Ceci semble une gestion par les autorités à “l’emporte pièce“ qui extrapole et compte sur une reprise économique hypothétique  avec l’Union Européenne. Cela demeure une incertitude patente en raison du MERCOSUR.

Ce plan de sauvetage sera-t-il suffisant ? Il est permis d’en douter. Les jours qui ont suivi l’investissement de 50 Milliards de dollars, le réal a eu quelques soubresauts durant trois jours pour retomber ensuite très rapidement presque aussi bas que la période qui a précédé cet investissement. Sa remonté demeure incertaine et pour le moins très difficile.

L’inflation non maitrisée est le premier obstacle. Mais pas seulement. Les dépenses pharaoniques entreprises pour la Coupe du Monde, de même que pour les Jeux Olympiques aggravent lourdement la situation économique. D’autant que ses dépenses font l’objet de dépassement de facturation inquiétant sur le budget initial.

Si recette il y a pour la Coupe du Monde, elle ne sera pas pour tout le monde. Les infrastructures touristiques ne sont pas suffisantes, les prix à l’approche de 2014 ont subit une inflation de plus 450% sur l’ensemble du réseau hôtelier. Les transports qui sont loin d’être sûrs ni de qualité sont saturés à toute heure de la journée. Sur cette sombre constatation, les structures d’aéroports ne sont pas en reste… avec une attente interminable pour les formalités, des taxis aux tarifs exorbitants, un réseau de bus guère pratique pour tout étranger ne parlant pas portugais.

L’afflux touristique des supporters étrangers sera de loin inférieur à celui escompté par les autorités brésiliennes. Un déficit abyssal en revanche risque de peser fortement sur l’économie du pays quand la facture sera présentée à la population toute entière.

Le Brésil de toute évidence a encore fait preuve d’imprévoyance telle à l’image de la fable “ La Cigale et la fourmi“. Qui après avoir chanté et dansé durant l’ère de gloire LULA, se trouva fort dépourvu quand la crise fut venue.

François-Mary BOURREAU   (brasil-infos.com)